Au début du siècle passé, l’expansion simultanée de deux acteurs économiques dominants aux objectifs totalement opposés va transformer les étang centraux de Camargue en enjeu vital : les salines au sud-est envisagent de les transformer en étangs de préconcentration en sel alors que les agriculteurs préfèreraient les utiliser pour déverser les eaux douces issues de l’irrigation agricole.
De cette opposition va naître l’idée de confier cet ensemble à des naturalistes dont les plus éminents sont regroupés au sein de la très ancienne Société d’Acclimatation de France devenue aujourd’hui la Société Nationale de Protection de la Nature (S.N.P.N.).
Celle-ci, soucieuse depuis son origine de donner aux Sciences Naturelles toute la rigueur et la reconnaissance qui leur sont dues, s’inquiète déjà de la disparition des espèces et des habitats, en France et à l’étranger.

Des fondations à la reconnaissance de l’Etat.
L’homme de la situation, G. Tallon, botaniste hors pair, conservateur de la Réserve pendant les quarante premières années, va devoir à la fois lutter contre tous les aspects nocifs de l’expansion économique environnante, asseoir la renommée de la Réserve sans grands moyens financiers et surtout constituer avec d’autres scientifiques une inestimable base de connaissance de ces espaces (voir les Actes de la Réserve en téléchargement ci-contre).
L’Etat, après l’acquisition des terrains en 1970, et le classement en Réserve Nationale en 1975, confirme la S.N.P.N. dans son rôle de gestionnaire et lui permet ainsi de poursuivre sa politique de conservation stricte avec le soutien financier du budget des Réserves Naturelles.
Un historique détaillé sur le site de la SNPN.