La Sansouire
Vastes, monotones, inondés en hiver et désertiques en été, balayés par le Mistral, gardés jalousement par des hordes de moustiques et des manades de taureaux ombrageux, défendus par plusieurs rangs de barbelés, les paysages de sansouire sont apparemment inhospitaliers. Ils constituent pourtant l’élément typique de la Camargue, par le sentiment d’espace et de liberté qu’ils procurent, par leur vie intense que l’on devine, et par leur perpétuel renouvellement au fil des saisons.
On y trouve un petit nombre de plantes très bien adaptées à leur habitat difficile :
les salicornes, vertes en été et rouges dès l’automne,
la soude, qui tire son nom de son ancienne utilisation, et l’obione, tapissant les berges des étangs. Cette végétation abrite au printemps deux passereaux omniprésents, la fauvette à lunettes et la bergeronnette printanière.
Les sansouires inondées en hiver sont un lieu privilégié pour le stationnement des canards qui y dorment en grands groupes (de plusieurs milliers d’individus), appelés "remises".
Quelques mètres à pied dans la sansouire, et on devine par leurs traces les visiteurs nocturnes : renards, sangliers, lapins. De la faune, les promeneurs ne verront le plus souvent que les chevaux et les taureaux, qui ont perdu depuis longtemps la liberté de se déplacer à leur gré dans ces vastes espaces sauvages.
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© 2003 Réserve de Camargue - Aquarelle S.Nicolle
  1. Soude
  2. Salicorne
  3. Obione
  4. Fauvette à lunette
  5. Bergeronnette printanière
  6. Taureau de Camargue

Traces de taureau (7), de cheval (8), de renard (9), et de sanglier (10).


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